Comment j’ai changé de vie, de pays: le grand saut.


Mont-Tremblant, Qc.

Mai 2005, je venais d’envoyer le préavis de 3 mois pour mon appart que je devais donc quitter à la fin du mois d’août, non dans le but de déménager, mais dans celui de m’exiler, temporairement………………….au Canada.
   
     Mais faisons un retour dans le temps pour comprendre comment je suis passée de 10 ans de procrastination à la réalisation d’un rêve: vivre au Canada, en moins d’un an de temps.

Comment est né mon rêve?


     Le Canada, j’en rêvais depuis ……………………………toujours, enfin très très longtemps.  Peut-être depuis la lecture de « Crocs blancs » ou « L’appel de la forêt », dans mon adolescence.
Mais pourquoi le Canada?
–  la neige, les grands espaces, les maisons de bois………..
–  l’envie d’être bilingue (anglais/français) mais pas en Angleterre, pas aux USA.
–  la double nationalité.
–  ……..
………..ou peut-être comme le berger de Paolo Coelho, j’ai fait un rêve, un rêve si fort que je n’ai pu l’oublier.


     Une dizaine d’années auparavant, déjà, j’achetais le n° spécial « immigrer au Canada » de la revue Rebondir.
Puis j’ai rencontré Michael à Londres (1997), venu de Toronto, et qui m’avait tant parlé de son pays et de sa ville. Et des reportages télé, et une conférence à Nantes (2002), et des livres…………avaient renforcé mon irrésistible attrait pour ce pays.    

   

Ta Légende Personnelle, c’est ce que tu as toujours souhaité faire. Chacun de nous, en sa prime jeunesse, sait quelle est sa Légende Personnelle. A cette époque de la vie, tout est clair, tout est possible, et l’on n’a pas peur de rêver et de souhaiter tout ce qu’on aimerait faire de sa vie.

L’Alchimiste, de P. Coelho

  ~


Comment s’est mis en oeuvre mon changement de vie?

A 30 ans, je me séparais de mon conjoint. Deux jours avant mon déménagement, je me suis cassé l’omoplate en tombant dans les escaliers. Résultat: trois semaines d’arrêt de travail, seule dans mon nouveau logement,  sans pouvoir conduire, et entourée de cartons à déballer d’une seule main. Donc déprime.


          Mais tout malheur a du bon, puisque c’est en ces temps difficiles que je me suis décidée à faire le tri dans un carton de vieilles revues non ouvert depuis plusieurs déménagements déjà. Et c’est alors que j’ai remis la main sur le numéro spécial « Immigrer au Canada » de la revue Rebondir, acheté dix ans plus tôt. Tous mes livres sur le Canada sont alors venus se poser à mon chevet et réveiller un rêve lointain.


Le problème: immigrer au Canada, c’était trop pour moi: 1 an et demi de démarches et 10000 Fr d’économie. Je ne m’en sentais pas capable, d’où la procrastination passée. Et y faire seulement un voyage, ça n’était pas assez. Je n’avais pas trouvé LA FORMULE qui répondait à mon rêves et mes capacités en même temps.


          Deux mois plus tard, je tombais par hasard, dans une plaquette de voyages, sur le témoignage de deux jeunes femmes parties vivre et  travailler une année à Toronto.  Elles bénéficiaient du « Programme Vacances Travail », visa temporaire avec permis de travail, d’une durée de 6 mois à un an (à l’époque), permettant de travailler au Canada afin de financer la découverte touristique et culturelle du pays, et non de s’y installer.
          Aussitôt,  je me suis assise devant l’ordi, j’ai surfé sur le net à la recherche d’informations sur ce visa. Et ce fût la révélation, en quelques clics.
          J’ai téléchargé le dossier de demande…… qui est resté plusieurs mois posé sur la table de mon salon. Procrastination, le retour.

~

« Le jeune homme commença à errer par la ville et descendit jusqu’au port. Il y avait là un petit bâtiment avec une sorte de fenêtre à laquelle les gens venaient acheter des billets. L’Egypte, cela se trouvait en Afrique.

           – Vous désirez? demanda l’employé du guichet.

           – Demain, peut-être, répondit-il en s’éloignant.

En vendant une seule de ses brebis, il pourrait passer de l’autre côté du détroit. Cette idée l’effrayait. [….] Au cours de ces deux années, il avait tout appris de l’élevage des moutons. Il savait tondre, prendre soin des brebis……Il connaissait les champs d’Andalousie……..

            [….] La ville avait aussi un château, et il voulut gravir la rampe empierrée et aller s’asseoir sur la muraille. De là haut, il pouvait apercevoir l’Afrique. (….)

            Le levant se mit à souffler plus fort.  » Me voici entre mes brebis et le trésor », pensa-t-il. Il devait se décider, choisir entre quelque chose à quoi il s’était habitué et quelque chose qu’il aimerait bien avoir.

            « J’ai quitté mon père, ma mère, le château de la ville où je suis né. Ils s’y sont fait, et je m’y suis fait. Les brebis aussi se feront bien à mon absence », se dit-il.

            …le levant s’était mis à souffler plus fort et il le sentit sur son visage. (….) Il apportait la sueur et les songes des hommes qui étaient un jour partis en quête de l’inconnu, en quête d’or, d’aventure…..et de pyramides. Le jeune homme se prit à envier la liberté du vent, et comprit qu’il pouvait être comme lui. Rien ne l’en empêchait sinon lui même.« 

L’Alchimiste, de P. Coelho.

     ~

  J’accusais encore le coup de ma séparation quand un ami m’a mis un coup de pied aux fesses salvateur. J’avais 30 ans, j’étais célibataire, locataire, en CDD. Rien ne me retenait. C’était le moment ou jamais. J’étais libre, tout était possible.

J’avance enfin vers la réalisation de mon rêve.


         C’est vers avril je crois que j’ai ré-ouvert le dossier. J’ai alors recherché des infos sur le net pour affiner mon projet. Ensuite ma première démarche fut de faire une demande de passeport. 
         Ceci fait, il m’a fallu remplir le dossier pour l’ambassade, rassembler les pièces nécessaires, et choisir les dates de mon visa et la destination (le plus difficile).

Puis j’ai envoyé le préavis de mon appart en mai.

Au mois de juin, mon dossier était complet, prêt à être posté. Il ne manquait plus que la destination et les dates d’arrivée. Encore une décision difficile à prendre. J’ai négocié avec mon employeur pour terminer mon CDD 1 mois plus tôt que prévu.

Ensuite, j’ai rempli les lignes manquantes de ma demande: départ le 8 octobre 2005 pour Toronto. Je pourrais toujours déménager à Montréal plus tard si j’avais fait le mauvais choix. Direction la poste: voilà……………………..c’était fait!


          A partir de là, 6 semaines d’attente et un déménagement à préparer. Enfin plutôt le vide à faire, car je n’avais pas d’endroit où entreposer toutes mes affaires.
          J’ai reçu la réponse positive pour mon Programme Vacances Travail, début août. Je sautais de joie dans mon appartement avant de m’écrouler dans le fauteuil. Le programme était clair: tri et cartons.


          Après une semaine, je déprimais déjà: quoi garder? quoi jeter? Mes meubles partirent au dépôt-vente. Le reste dans le grenier et le garage de mes parents.
          Je n’avais plus de chez moi. Plus question de reculer. L’aventure commençait ici…………………………….

~

Le jeune homme alla trouver l’anglais…….il constata qu’il avait construit un petit four à côté de sa tente. C’était un four curieux, sur lequel était posé un flacon transparent. L’Anglais alimentait le feu avec du bois, et contemplait le désert. Ses yeux semblaient plus brillants que lorsqu’il passait tout son temps plongé dans les livres.

       » C’est la première phase du travail, dit-il. Je dois séparer le soufre impur. Et, pour y parvenir, il ne faut pas que je craigne d’échouer. Ma crainte d’échouer est ce qui m’a empêché jusqu’ici de tenter le Grand Oeuvre. C’est maintenant que je commence ce que j’aurais pu commencer il y a dix ans. Mais je suis heureux de n’avoir pas attendu encore vingt ans.

L’Alchimiste, P. Coelho

~

Durant le mois qui suivit, j’ai finalisé mon départ: achat des billets d’avions, tri des papiers administratifs, préparation des valises, réservation des premières nuits en auberge de jeunesse à Toronto….

Jusqu’à la veille du départ, je n’ai jamais stressé, moi qui n’avais jamais voyagé seule et qui partais pour une année dans l’inconnu.

Pourquoi?

Le déclic

Parce que tout était aligné. A partir du jour où j’ai découvert ce nouveau visa, MON DECLIC, qui correspondait exactement à mon besoin, tout a été facile, mis à part quelques doutes (lieu et dates d’arrivée au Canada). Entre le jour où mon rêve s’est réveillé, un certain jour d’octobre 2004, grâce à un carton de livres oubliés, et mon départ le 10 octobre 2005, il s’est écoulé exactement un an.

Et durant cette année, si d’autres ont douté, moi pas. Je savais que c’était ce que je devais faire. Les réponses venaient d’elles mêmes au fur et à mesure que j’avançais vers ma destination.

Comme quoi, entre 10 ans de procrastination et le sprint final d’un an pour faire le grand saut, il n’aura fallu qu’un déclic: pour moi, la pièce manquante du puzzle était le visa idéal: le PVT (Visa: Programme Vacances Travail).

Finalement, je suis restée 5 ans au Canada: 8 mois à Toronto et le reste du temps à Montréal, ville que j’ai adorée. Un changement de vie qui m’a transformée.

Si vous voulez découvrir le récit de mon aventure de l’autre côté de l’Atlantique et de tout ce que m’a apporté cette expérience d’immigration, lisez « Mon plus beau voyage….en quête d’un trésor ».

Aussi, comme vous pouvez le constater dans cet article, le livre L’Alchimiste, de Paolo Coelho, m’a beaucoup aidée dans tout ce cheminement vers la réalisation de mon rêve. Il a même franchit l’océan avec moi pour rester à mon chevet et m’accompagner dans les moments de doutes qui ont pu surgir durant les premiers mois de mon aventure outre Atlantique.

Si vous voulez en savoir plus, vous le procurer ou découvrir d’autres ouvrages inspirants, vous pouvez poursuivre votre lecture ici: Les livres qui m’ont fait changer de vie.

Conclusion

Selon moi, quand on veut réaliser un rêve, ou changer de vie, ce qui nous manque quelquefois pour avancer, c’est seulement un déclic, une information manquante, une pièce manquante du puzzle, que l’on trouve par hasard, un jour, sur notre chemin.

Alors restez ouvert, confiant. Ne perdez jamais votre rêve de vue. S’il vous parait irréalisable aujourd’hui, c’est peut-être qu’il vous manque juste un élément pour que tout se débloque. Ne forcez pas. Si c’est votre chemin, cet élément viendra à vous d’une manière ou d’une autre, au moment opportun.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.